Artisanat

ADAJA : une marque de « Faso Danfani », un tissu traditionnel du Burkina Faso

Écrit par Longour

Dites nous deux mots sur les fondateurs et comment l’idée leur est venue 

Le Centre ADAJA est créé à Tampouy (Ouagadougou) dans un contexte d’extrême pauvreté. A cette époque, Madame Delma recevait des sollicitations financières quotidiennes de la part de femmes particulièrement démunies. Pourtant, ses moyens sont limités et elle sait que simplement donner de l’argent n’est pas une solution pour améliorer la vie de ces femmes de manière pérenne. Elle a donc l’idée de leur transmettre son propre savoir-faire : le tissage du Faso Danfani, un pagne traditionnel tissé à partir de coton burkinabè. Déjà visionnaire, elle voit dans le modèle entrepreneurial la meilleure manière d’éradiquer durablement la pauvreté dans son quartier, et au-delà.

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Vos produits et services 

ADAJA a développé une marque haut de gamme de Faso Danfani, un tissu traditionnel du Burkina Faso. Le pagne est tissé à la main par nos tisserandes à partir de fil de coton produit et filé au Burkina.

Nous produisons chaque année plusieurs collections de pagnes aux motifs inédits. Les deux collections principales sont destinées à l’habillement. Nous réalisons également des collections spécifiques plus petites pour la décoration et les accessoires. La qualité de la teinture du fil, la précision du tissage ainsi que le design unique de nos pagnes en font un produit de haute qualité.

Vos facteurs de réussite 

Le premier succès du Centre ADAJA est de permettre chaque année à une quarantaine de femmes d’apprendre et d’obtenir un emploi décent en tant que tisserandes. Tout au long de la formation que nous délivrons, nous accompagnons chaque apprentie à construire son avenir professionnel. Tout est réalisé pour qu’elles montent en compétences, améliorent leurs conditions de vie et gagnent en confiance. A l’issue de la formation, les apprenties peuvent décider de démarrer leur propre activité de tissage, de rejoindre une coopération d’artisans ou de continuer à travailler pour notre entreprise commerciale ADAJA. Ainsi, voir ces femmes et leurs familles sortir de l’extrême pauvreté grâce au tissage est notre plus grande récompense.

D’autre part, nos produits haut de gamme et authentiques sont fortement appréciés par les clients. Ils reflètent la richesse du savoir-faire Burkinabè. Une grande partie de ce savoir-faire nous vient de notre fondatrice Elisabeth Delma, qui a su enrichir ses techniques en rencontrant d’autres artisans de toute la sous-région, et en améliorant constamment nos métiers à tisser.

Elienaï Delma (seconde associée) a de son côté apporté un vent de jeunesse au Centre en le rejoignant en 2013. C’est elle qui a initié la démarche de formalisation de l’entreprise tout en renforçant son réseau de distribution.

Vos facteurs différenciants et disruptifs par rapport à l’existant

Au Burkina Faso le tissage du pagne en Faso Danfani reste une activité artisanale informelle majoritairement occupée par des femmes issues de milieux modestes. Très rares sont ceux qui travaillent à enrichir ce savoir-faire et qui investissent pour innover dans ce domaine.

Le Centre ADAJA donne un nouveau souffle à cette activité traditionnelle en proposant des produits haut de gamme. Nous créons nos propres motifs, et fonctionnons par collections biannuelles pour proposer des textiles uniques à notre clientèle. Nous veillons continuellement à améliorer nos procédés de production et à enrichir notre savoir-faire afin d’obtenir des produits de grande qualité. Nos techniques de teinture, par exemple, nous permettent d’obtenir des teintes et des nuances uniques. Cette stratégie fait partie intégrante de l’ADN de notre entreprise. Nous plaçons l’innovation au cœur de nos projets de développement.

D’autre part, en tant qu’entreprise sociale, nous rompons totalement avec le modèle d’organisation de nos concurrents. Notre modèle économique et notre positionnement haut de gamme assure une stabilité économique, et ainsi une pérennité à notre objectif social.

Votre business model  

Notre modèle économique repose sur deux objectifs principaux : l’impact social maximal (lutte contre la pauvreté par l’insertion des plus démunies), et la rentabilité économique. Afin de répondre à ces objectifs, nous avons créé deux entités juridiques : l’entreprise commerciale ADAJA, et la Fondation ADAJA. Les deux structures se servent mutuellement. Par exemple, notre Fondation organise la formation annuelle de 20 apprenties, ainsi que des cours d’alphabétisation ouverts à tous les membres du Centre (employées de l’entreprise incluses). L’entreprise de son côté embauche une partie des apprenties une fois formées (une vingtaine actuellement), et reverse une partie de ses bénéfices à la Fondation afin qu’elle puisse financer ses activités.

Vos concurrents

Il existe une trentaine d’organisations de tisserands au Burkina Faso. La plupart sont soit organisées en coopératives, soit travaillent de manière informelle. L’ensemble de l’offre proposée est dispersée, peu maîtrisée, et peu diversifiée. Très rares sont les artisans qui travaillent à enrichir ce savoir-faire ancestral. Peu de moyens ont été investis pour innover dans ce domaine. En conséquence, on trouve sur le marché une grande quantité de produits milieu de gamme que les producteurs ont du mal à écouler.

ADAJA se positionne comme une marque haut de gamme. Les prix des produits sont environ 10% plus élevés que ceux des concurrents et se justifient par la qualité de la teinture, l’originalité des motifs et des couleurs, ainsi que le grain des tissus particulièrement travaillés.

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