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Bien-être

Crise VS Monsieur BARBIER : Reprendre du poil de la bête

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Ganael Bascoul Monsieur BARBIER

Interview de Ganaël Bascoul, Fondateur de la marque de produits cosmétiques naturels pour hommes : Monsieur BARBIER

Tout d’abord, comment allez-vous et comment va votre famille en ces temps de COVID-19 ?

Ganaël Bascoul : Heureusement bien ! J’ai eu la chance d’avoir un bébé en plein premier confinement, et grâce au dévouement et à la gentillesse du personnel hospitalier, tout s’est bien passé, en sécurité et en douceur, même si les conditions étaient très particulières. Plusieurs proches ou amis de proches ont été touchés par le virus, parfois avec de sévères conséquences, donc j’espère que nous vaincrons le plus rapidement possible cette calamité.

Courage aux malades et aux personnels soignants ! On y arrivera, même si cela aura été très dur au final.

Parlez-nous de vous, de votre carrière et de la manière dont vous avez créé ou rejoint Monsieur BARBIER

Ganaël Bascoul : Long story ! Après mon doctorat, j’ai enseigné à l’ESCP, puis j’ai eu la chance d’être manager au sein du département Développement durable d’Ernst & Young (EY) et aussi de créer le média participatif SoonSoonSoon.com (revendu depuis à l’agence Angie). Après toutes ces années dans le conseil et l’enseignement, j’ai souhaité mettre en pratique ces connaissances, et me confronter au défi de création d’une marque responsable : c’est ainsi qu’est né Monsieur BARBIER.

En effet, il y avait un énorme retard en termes de développement durable dans le secteur des produits pour hommes (formulations très moyennes, très peu de certifications, aucun effort d’éco-conception, autant dans les marques de supermarché que dans les marques du réseau sélectif). Même si nous avions des petits moyens, nous avons approché le marché très différemment, et même 5 ans après, nous continuons de toujours innover pour des produits toujours plus naturels, responsables et éco-conçus. Et on a de belles perspectives devant nous, donc on continue d’y travailler sans relâche !

Comment Monsieur BARBIER innove-t-elle?

Ganaël Bascoul : D’abord dans le mix produit, avec de très belles formulations naturelles, et de beaux actifs, à un rapport qualité / prix qui n’existait pas sur le marché de la cosmétique masculine.

Ensuite sur le mode de distribution hybride : 50 % en distribution sélective (Nocibé, Birchbox, Passion Beauté, Beauty Success, Oïa Beauté) et 50% en vente directe sur notre site. Loin d’être un simple e-shop, notre site a un tech à part, avec plein de formules d’abonnement complètement flexibles, qui ont pu faciliter la vie (et donner pas mal d’avantages) à des milliers de clients. Une nouvelle version de notre site est d’ailleurs prévue pour fin 2020, avec une expérience encore plus complète. C’est la fierté et la récompense de toute l’équipe, après une année bien compliquée.

Comment la pandémie COVID-19 a-t-elle affecté votre entreprise et comment gérez-vous cette crise?

Nous avons perdu une grande partie de nos ventes suite à la fermeture des parfumeries et des points de ventes de la distribution sélective, mais seulement une partie de ces ventes s’est reportée en ligne (en e-retail ou sur notre e-shop).

Ce fut un coup dur parce que le confinement est tombé pile au moment où nous lancions notre nouvelle gamme de soin visage, 100% Cosmos Nat, concrétisation de deux ans de travail.

Et c’était aussi dommage parce que nous venions de signer avec de nouvelles enseignes, avec qui nous avions donc un début de partenariat plutôt compliqué de part ce contexte si particulier.

Mais tout le monde a essayé de tenir bon : la gamme soin visage a été lancée en ligne avec un grand succès, les nouvelles enseignes ont joué le jeu d’un référencement de la marque en ligne avec de très bons résultats, et on continue de travailler ensemble pour Noël et pour la suite.

Au final, le CA de cette année devrait être le même que l’an dernier, alors qu’avec toutes ces bonnes avancées, il aurait dû doubler, mais ce n’est que partie remise pour 2021, et cela a créé des liens d’autant plus forts avec nos partenaires.

Avez-vous dû faire des choix difficiles et quelles sont les leçons apprises?

Ganaël Bascoul : Nous avons fait le choix de ne pas mettre en place de chômage partiel, même si virtuellement on risquait de perdre 50% de notre CA, et qu’en plus beaucoup de projets avait dû être annulés.

On s’est dit qu’il fallait s’accrocher et on a mis en place un plan en deux parties :

– d’abord s’adapter au contexte pour lancer les opérations qui pouvaient être sauvées, mais sous un autre format (lancements de produits, référencement de la marque, travail sur l’export, etc.)

– d’autre part, travailler sur la suite, l’avenir, notamment sur les nouveaux produits des années 2021-2022, qu’on a déjà élaborés de A à Z (formules, packagings, etc), même s’ils ne partiront en production que bien plus tard. Dans la même idée, on a avancé d’un an la mise à jour de notre site, afin de tirer le moins mauvais parti possible de ces circonstances particulières, et surtout pour être prêts à mettre les bouchées doubles à la sortie de la crise.

C’était un pari, parce qu’on aurait pu faire le dos rond, toucher des aides, et attendre la fin comme l’on fait d’autres marques ou d’autres startups, mais ce n’est pas notre mentalité. En effet, depuis le début de l’aventure, nous avons l’habitude de devoir “prendre des coups” et de faire beaucoup avec peu (frugalité, quand tu nous tiens), c’est notre côté boxeurs !

Et si l’on souhaite détrôner les grandes marques du secteur (ce qui est notre cas), il faut essayer d’être plus rapide, plus agile, de toujours préparer les deux coups d’après, pas le temps d’une pause.

Donc c’est un pari assumé, dont nous verrons dans quelques années les gains (ou ses pertes) associés.

Comment gérez-vous le stress et l’anxiété pendant cette période et comment vous projetez-vous, vous et Monsieur BARBIER dans le futur?

Ganaël Bascoul : Avant, on vivait souvent avec un plan à 6 mois, et avec la crise, on est passés à un plan à 2/3 ans, ce qui nous a permis de garder le moral (parce qu’à 6 mois, au mois d’avril 2020, c’était pas la joie), mais aussi d’être portés par une plus haute ambition, avec l’objectif d’être la marque masculine N°1 en distribution sélective (hors parfums) d’ici quelques années.

Et d’après nos calculs et notre connaissance du marché, cet objectif est tout à fait réaliste. Nous avons donc tout préparé pour le réaliser, même si parfois on travaillait sur des éléments (nouveaux produits, nouvelles features du site etc) qui ne verraient le jour que dans quelques années.

C’est donc le futur qui nous a porté – sans aucun Terminator pour nous embêter héhé.

Qui sont vos concurrents et comment comptez-vous tirer votre épingle du jeu ?

Ganaël Bascoul : Pour devenir N°1 en distribution sélective sur le marché du soin masculin, on pourrait se dire que nos principaux concurrents sont de la famille de “For-Men” – nous appelons ainsi toutes les déclinaisons de marques féminines en extension de gamme pour hommes : Clinique for Men, Clarins Men, L’Oréal for Men, Biotherm Homme etc… qui sont en général des lignes sur lesquelles les groupes investissent peu, et qui profitent de la notoriété des marques-mères, sans être, d’après moi, suffisamment innovantes et/ou à l’écoute des préoccupations actuelles des hommes.

Mais en réalité, notre principal concurrent, c’est le fait que les hommes ne prennent pas encore assez soin d’eux ! En piquant le nettoyant de leur femme, en achetant à l’arrache le produit en promo du moment au supermarché parce qu’ils sont à sec, en utilisant un gel douche bien trop chimique pour tout faire (y compris le nettoyage du visage et des cheveux, en mode 25-en-1).

Donc c’est en leur proposant une nouvelle génération de produits, à la fois pratiques et efficaces, mais aussi naturels et sensoriels, qu’on espère leur donner envie de prendre soin d’eux, quelque soit leur âge, leur style ou leur habitudes actuelles, avec comme objectif ultime : que grâce à Monsieur BARBIER, ils aient un peu plus le sourire chaque matin en sortant de la salle de bain !

Un mot de la fin ?

Ganaël Bascoul : Il y a trois manières de faire :

– ne pas le faire
– le faire comme les autres
– ou le faire, façon Barbier !

C’est un peu notre blague de bureau, pour dire qu’en étant malins, on peut faire beaucoup plus que prévu, que ce qu’on aurait cru !

On s’en est même fait un t-shirt collector, pour les jours de match. 🙂

Votre site web ?

Ganaël Bascoul :  www.monsieurbarbier.com

 

Co-Founder & COO di Startup.info, appassionato del mondo Innovazione e Startup.

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