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Finance

Le financement en royalties se développe malgré la crise

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Jean David Bar WE DO GOOD

Rencontre avec Jean-David Bar, Co-fondateur & CEO de WE DO GOOD, la plateforme d’investissement en royalties.

Comment allez-vous et comment va votre famille en ces temps de COVID-19 ?

Jean-David Bar : Je vais bien, nous avons réussi à nous adapter facilement et toute l’équipe est en télétravail depuis mars 2020… cela fait donc quasiment un an, c’est incroyable ! Nos process et outils étaient déjà compatibles avec cette nouvelle organisation du travail, nous avons juste formalisé des moments réguliers d’équipe tous les matins, qui nous permettent de commencer nos journées ensemble malgré la distance.

Au niveau personnel et familial, c’est moins évident : l’impact d’aussi peu de contact humain sur une période aussi longue se fait ressentir de temps en temps.

Parlez-nous de vous, de votre carrière et de la manière dont vous avez créé ou rejoint WE DO GOOD

Jean-David Bar : À la fin de mes études, je savais déjà que je voulais entreprendre. J’avais trop d’énergie, trop d’idées, trop d’envie de contribuer activement à apporter des réponses durables aux grandes problématiques sociales et environnementales auxquelles nous faisons face aujourd’hui. Je savais aussi que je ne voulais pas entreprendre seul et que la première étape serait de constituer une équipe de personnes partageant mes valeurs et ayant des compétences complémentaires aux miennes. Depuis 7 ans, c’est toujours cela qui nous rassemble et qui nous motive à avancer ensemble.

La finance était une des clés de la transition écologique et sociale, c’est à cette problématique là que nous nous sommes attaqués.

Comment WE DO GOOD innove-t-elle?

Jean-David Bar : Nous innovons en développant le revenue based financing (RBF) en France : il s’agit d’un modèle de financement et d’investissement simple à mettre en place, ayant des faibles coûts de gestion et transparent. Pour cela, nous avons construit une plateforme qui gère des flux et des contrats de manière automatisée et qui a déjà permis a plus de 100 projets de se financer, en intéressant des communautés à la croissance de leur chiffre d’affaires.

Comment la pandémie COVID-19 a-t-elle affecté WE DO GOOD et comment gérez-vous cette crise?

Jean-David Bar : La pandémie a eu un impact significatif sur notre activité, surtout pendant le 1er semestre 2020. Nous avons constaté une baisse importante du nombre de projets cherchant du financement, ce qui se fait ressentir toujours un peu aujourd’hui. Cela n’est pas étonnant : dans un contexte aussi incertain, c’est normal qu’une partie des entrepreneurs hésitent à se lancer et à prendre des risques. Nous avons néanmoins constaté une vague de solidarité de la part des investisseurs, on sentait que les citoyens cherchaient des solutions pour soutenir financièrement des entreprises qui leur tenaient à cœur.

Pendant cette crise, nous avons agi sur deux fronts : le premier a été de réduire la voilure de nos investissements afin d’assurer la stabilité financière de notre entreprise pendant les mois à venir. Le deuxième a été de tester de nouvelles propositions de valeur adaptées au contexte, comme l’initiative “Commerce Mon Amour”.

Avez-vous dû faire des choix difficiles et quelles sont les leçons apprises?

Jean-David Bar : Oui, bien-sûr ! Nous avons dû mettre fin anticipée à deux CDD, quitter notre bureau, arrêter certains projets en cours… mais ce n’est rien par rapport à beaucoup d’autres entreprises qui se sont retrouvées dans des situations financières très délicates. Nous ne pouvons pas nous plaindre.

En termes d’apprentissage, nous avons découvert que c’était tout à fait possible de généraliser le télétravail et de garder une équipe motivée et soudée. Bien entendu, cela ne s’improvise pas ! Il faut des outils et process adaptés, ainsi qu’un accompagnement spécifique des salariés à cette transition.

Comment gérez-vous le stress et l’anxiété pendant cette période et comment vous projetez-vous, vous et WE DO GOOD dans le futur?

Jean-David Bar : Dans une période d’aussi grande incertitude, c’est difficile d’avoir des projections à plus d’un an ! Tous les 3 mois, nous faisons le point sur le trimestre passé et réajustons nos objectifs pour le trimestre à venir. Cela nous permet de gérer justement le stress car nous restons focus sur des objectifs qui sont adapté au fur et à mesure à un contexte incertain.

Nos objectifs sont toujours définis par rapport à notre vision, ce qui est fondamental pour ne pas perdre le cap malgré le contexte et garder l’équipe soudée et motivée.

Qui sont vos concurrents et comment comptez-vous tirer votre épingle du jeu ?

Jean-David Bar : Actuellement, nous sommes encore peu d’acteurs français à travailler sur le modèle de revenue based financing. Nous collaborons pour développer ce mode de financement et d’investissement sur différents volets. Nous n’avons pas de concurrent direct, ce qui est un avantage considérable dans le contexte actuel. Nous venons d’ailleurs de publier le 1er baromètre du RBF Français : en 2020 il a représenté plus de 3,3 M€ qui ont permis de financer 310 entreprises et indépendants.

Selon l’étude “The Global Alternative Finance Market Benchmarking Report 2020” du Cambridge Centre for Alternative Finance, le financement en échange de royalties représentait déjà 398 millions de dollars dans le monde en 2018. Une donnée largement sous-estimée si on tient compte du fait que l’étude ne prenait pas en compte tous les grands acteurs du e-commerce qui ont lancé des offres dédiées (Paypal, Amazon, Alibaba…). PayPal à lui seul représente 4Mds$ / an de financement en royalties. Aux États-Unis, le RBF est aujourd’hui la principale alternative au financement par capital (equity) pour les start-ups.

Depuis, de nombreux acteurs se sont lancés partout dans le monde et notamment Europe, avec par exemple Outfund au Royaume-Uni (levée de 37 M$) ou Remagine en Allemagne (levée de 20M€).

Un mot de la fin ?

Jean-David Bar : C’est clairement une période de grande incertitude pour beaucoup d’entreprises. L’Etat a joué un rôle important pour limiter la casse, mais les aides en place ne sont pas pérennes : pour beaucoup d’entreprises elles ont permis de gagner quelques mois mais, le rythme d’activité ne reprenant pas, ce sera compliqué de tenir de manière durable. Il se peut donc qu’on commence à voir le vrai impact de la pandémie d’ici quelques mois.

Votre site web ?

Jean-David Bar : www.wedogood.co

 

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