Connect with us

INNOVATORS VS COVID-19

Jean-Philippe Couturier (CEO) explique comment Whoz disrupte le marché des ESN et des cabinets de conseil

Publié

-

Jean Philippe Couturier Whoz

Comment allez-vous et comment va votre famille en ces temps de COVID-19 ?

Jean-Philippe Couturier : Nous avons eu la chance pour l’instant d’éviter le virus, et nos activités professionnelles se portent très bien. Nous allons très bien. La santé des siens est la chose la plus importante et on peut avoir tendance à l’oublier. La COVID-19 nous ramène à cette réalité qu’il ne faut jamais perdre de vue et qui nous permet de relativiser les petits soucis du quotidien.

Parlez-nous de vous, de votre carrière et de la manière dont vous avez créé ou rejoint Whoz

Jean-Philippe Couturier : J’ai travaillé plus de 20 ans dans le conseil et les services IT. J’ai commencé ma carrière chez Capgemini en 1998. En 2005, je fonde InovenAltenor, une société de conseil, que je vends dix ans plus tard à Orange Business Services. Après plusieurs années à étudier les meilleures pratiques pour optimiser la performance commerciale et opérationnelle des sociétés de services, je décide de fonder Whoz en 2016 avec vingt autres personnes, toutes issues du monde du conseil et de l’IT. Je suis par ailleurs vice-président de l’Ensimag et chargé d’enseignement et conférencier sur les nouvelles technologies et la prospective. J’interviens auprès de l’Institut Mines Telecom, de l’école HEC et d’entreprises françaises et internationales. Plus récemment, j’ai été nommé administrateur du collège des éditeurs de logiciel au Syntec Numérique.

Comment Whoz innove-t-elle?

Jean-Philippe Couturier : Aujourd’hui, Whoz compte 40 collaborateurs réunis autour d’une même conviction : les entreprises de services du numérique (ESN / SSII), les sociétés de conseil et d’ingénierie, qui soutiennent depuis des décennies l’automatisation et la numérisation de toutes les autres industries, n’ont pas digitalisé leur coeur de métier, le staffing. Par manque de digitalisation, cette industrie passe à côté de plusieurs points de marge opérationnelle. Mais ce n’est pas la seule raison qui nous a poussés à développer une solution Saas d’optimisation de leur cœur de métier. Le marché des services à beaucoup évolué et il sera disrupté comme tous les autres, par sa digitalisation.

Les outils utilisés par ces entreprises pour répondre aux besoins de leurs clients ne sont plus compatibles avec la complexité et le rythme auquel évolue le marché. S’ajoute à cela une concurrence renforcée par les plateformes de freelances et l’augmentation du nombre de missions réalisables en télétravail, sans parler des temps de projets qui se raccourcissent et qui viennent complexifier la gestion du staffing. Pour relever ces défis, nous proposons une solution agile qui digitalise leur cœur de métier afin d’améliorer durablement leurs résultats. Cela est rendu possible par la capacité de notre solution à centraliser l’ensemble des informations pertinentes pour faire, plus rapidement, les arbitrages de staffing les plus rentables.

Il est aussi essentiel de dataifier le cœur de métier. Notre solution est d’abord centrée sur la donnée produite par l’usage de la solution. Nous avons un module d’analyse et de prédiction qui permet d’accéder aux indicateurs de performance en temps réel. Une des fonctionnalités particulièrement appréciées par nos clients est notre Dashboard de rentabilité qui projette le TACE (taux d’activité) et le chiffre d’affaires de l’entreprise sur les semaines et mois à venir. Beaucoup d’entreprises peinent à exploiter pleinement leur data. Nous apportons des solutions concrètes pour les aider à analyser leurs données et prendre les meilleures décisions stratégiques. Les entreprises de services du numérique (ESN), les cabinets de conseil et les bureaux d’études génèrent un revenu de près de 100 milliards d’Euros en France, 800 milliards en Europe et près de 3 000 milliards dans le monde. La digitalisation de leur cœur de métier aura un impact majeur sur cette industrie.

Comment la pandémie COVID-19 a-t-elle affecté Whoz et comment gérez-vous cette crise?

Jean-Philippe Couturier : La crise liée au Covid19 a accéléré la demande en projets de transformation digitale. Les entreprises ont dû en un temps record adapter leur organisation au travail à distance. Pour une bonne partie de nos clients, à savoir des ESN et des cabinets de conseil, cela signifie donc des projets complexes à mener pour accompagner les entreprises dans leur transformation. Certes, des projets ont été gelés voire abandonnés lors de la première vague, mais les entreprises recherchent des compétences rares notamment en cybersécurité, en intelligence artificielle… Dans un premier temps, nos clients avaient besoin d’évaluer en temps réel l’étendue de la crise, leurs forces en présence et l’impact du Covid sur leur activité (taux d’activité, CA, compétences demandées…).

Aujourd’hui, ils ont plus que jamais besoin de trouver rapidement les bons experts pour répondre aux besoins. Quels que soient les enjeux, notre solution permet à nos clients de faire face aux bouleversements du marché avec  agilité. Autrement dit, la crise en tant qu’accélérateur de transformation digitale, a aussi accentué la demande en solution Saas comme la nôtre. La fin d’année 2020 fut particulièrement riche pour nous côté ventes, marketing et produit. Cela a aussi été rendu possible par notre capacité à maintenir notre activité en télétravail. La moitié de nos équipes travaillent à 100% à distance dans différentes villes de France. Bien avant l’arrivée du virus, nous avions déjà les bons outils et méthodes pour poursuivre notre travail d’équipe. Notre capacité à rester agile pendant cette période a été clé dans l’accompagnement de nos clients pour faire face à la crise économique.

Avez-vous dû faire des choix difficiles et quelles sont les leçons apprises?

Jean-Philippe Couturier : Notre premier souci a toujours été de nous assurer que tous les collaborateurs de Whoz étaient en sécurité. Au cours de la première vague, nous nous sommes assurés que notre trésorerie pouvait tenir au moins 18 mois. Nos finances étaient solides et l’Etat a joué son rôle pour soutenir les marchés donc pas de risque à ce niveau. La continuité opérationnelle de notre solution et de notre R&D s’est faite naturellement et sans questionnement puisque le télétravail et la digitalisation de nos processus est une préoccupation depuis le début de la société.

Nous avons naturellement été très attentifs à la réaction des marchés. Les décisions d’achat sur nos ventes en cours se sont bien entendues arrêtées nettes mais nous avons toujours eu l’intime conviction que ça n’était que temporaire. Nous sommes au cœur de la transformation digitale d’une industrie qui a besoin de se transformer. Dès le mois de septembre, les ventes ont redémarré avec un rythme 2 à 3 fois plus soutenu en comparaison de la période pré-covid. Autrement dit, nous n’avons pas vraiment eu de décision difficile à prendre.

Comment gérez-vous le stress et l’anxiété pendant cette période et comment vous projetez-vous, vous et Whoz dans le futur?

Jean-Philippe Couturier : Je ne suis pas d’un tempérament à stresser. Quand je stresse, c’est souvent pour une bonne raison. Le stress et l’anxiété sont des sentiments qui devraient nous obliger à prendre du recul. Notre cerveau à ce moment-là nous dit qu’il y a quelque chose qui cloche, que quelque chose de dangereux pourrait arriver. Si vous ne réagissez pas, vous risquez une crise. Quand on est en crise, il est déjà trop tard. Mais je n’aime pas la témérité. Elle me fait peur alors je prévois souvent beaucoup d’options possibles dans ce que j’entreprends parce que je n’aime pas être pris au dépourvu. Je prévois ces options quand tout est calme ce qui me prépare aux tempêtes. Mais surtout, et c’est de mon point de vue la chose la plus importante pour éviter le stress, je suis bien entouré par ma famille et par mes collègues.

J’ai la chance chez Whoz de travailler avec des personnes hyper compétentes, dans une ambiance bienveillante où nous savons tous que nous avons le devoir de nous challenger et de creuser nos désaccords. Nous ne tomberons peut-être pas d’accord, mais nous saurons pourquoi, et je prendrai alors la décision que je pense être la meilleure en toute connaissance de cause; c’est-à-dire en connaissant les risques mais surtout en ayant le soutien de mon équipe qui saura alors que nous ne sommes pas face à un cas où nous pouvons choisir la meilleure des solutions mais où nous devons choisir la moins pire ! La cohésion d’une équipe bienveillante, forte et compétente peut vous emmener où vous voulez. Elle permet de surmonter n’importe quelle difficulté.

Qui sont vos concurrents et comment comptez-vous tirer votre épingle du jeu ?

Jean-Philippe Couturier : Aujourd’hui, sur la fonction essentielle qu’est le staffing pour les entreprises que nous ciblons, nous sommes les seuls à proposer une solution moderne et qui traite le sujet en profondeur. Notre connaissance du métier de nos clients est aussi un atout dans l’amélioration de notre produit. Cela ne veut pas dire pour autant que nous n’avons pas d’enjeux ! Nous devons poursuivre nos efforts de sensibilisation et notamment nos actions de communication et de marketing. D’une part, nous devons continuer à sensibiliser à l’importance de digitaliser le staffing, qui est véritablement le réacteur des entreprises de services et de conseil. Bien souvent, ces entreprises misent sur des solutions type ERP qui leur permettent d’optimiser tout un tas de fonctions (facturation, gestion des temps de projets…).

Mais lorsqu’il s’agit de leur cœur de métier, très peu a été fait en matière de digitalisation. D’autre part, notre mission est de faire comprendre qu’il devient urgent de passer d’une solution manuelle comme Excel à une solution agile dans la gestion des ressources. Excel reste encore aujourd’hui l’outil numéro 1 pour gérer les affectations des consultants. C’est un outil chronophage, peu fiable et qui ne permet pas une gestion en temps réel et historisée de la donnée. A une époque où le marché peut être bouleversé du jour au lendemain par une pandémie, on ne peut plus continuer à miser sur des fichiers Excel saturés dont les erreurs de saisie et de calcul faussent des informations capitales et qui ne pourront donc pas constituer le socle de la dataification de l’entreprise. Récemment les services de santé britanniques ont oublié 16 000 cas diagnostiqués positifs au Covid à cause d’un fichier arrivé à saturation. Ce n’est qu’un exemple mais qui illustre bien les limites d’un tel outil. A l’inverse, une étude récente menée par Capgemini révèle que les “data masters”, ces entreprises étant à la pointe dans l’exploitation de leurs données, ont une rentabilité de 22% supérieure à celle des entreprises “classiques”.

La compétitivité des entreprises de services et de conseil dépend de leur capacité à staffer rapidement les bonnes compétences, et de manière plus rentable. Rapidité, précision et rentabilité sont les maîtres mots de notre solution et de notre accompagnement.

Un mot de la fin ?

Jean-Philippe Couturier : L’année 2021 sera une année incroyable en rebondissements. Avec la perspective d’un vaccin efficace et l’envie de chacun de mordre la vie à pleine dent, je pense que l’année sera intense. Le marché que nous adressons verra se multiplier les opportunités business et nos clients seront les mieux préparés. Pour accélérer notre présence en France et en Europe, et consolider notre position de leader, nous prévoyons une importante levée de fonds. C’est une nouvelle étape dans la vie de Whoz qui nous permettra de continuer à soutenir massivement l’innovation au service des ESN, des cabinets de conseil, des bureaux d’étude et plus généralement des sociétés de services.

Votre site web ?

Jean-Philippe Couturier : www.whoz.com

 

Publicité
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Newsletter


Publicité

Contacter les startups

Top of the month