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INNOVATORS VS COVID-19

Marion Derouvroy nous raconte comment Trafalgar – la startup littéraire spécialisée dans le Portrait – a vécu le confinement

Marion Derouvroy Trafalgar

Tout d’abord, comment allez-vous et comment va votre famille en ces temps de COVID-19 ?

Marion Derouvroy: Les membres de notre famille, et ceux de notre équipe se portent tous très bien ! Nous restons optimistes. Ce n’est pas très original, mais de moins en moins à la mode.

Parlez-nous de vous, de votre carrière et de la manière dont vous avez créé ou rejoint Trafalgar

Marion Derouvroy: Bérengère a commencé par un DUT Information-communication, elle est aussi diplômée de l’EFAP Paris. Avant la Maison Trafalgar, elle avait déjà monté une première entreprise spécialisée dans le vêtement de seconde main. C’est en parallèle de ce développement, qu’elle a souhaité s’impliquer au sein du média « Trafalgar Magazine des Audacieux » que je venais de créer (en 2013), et qui se consacrait aux Portraits de jeunes audacieux de moins de 30 ans. J’avais monté ce webzine pour tenter de trouver un emploi dans l’écriture, après l’obtention d’un double Master Lettres-commerce à l’iaelyon et les classes préparatoires Hypokhâgne.

Le blog a eu un succès inattendu, puisqu’en plus d’attirer des lecteurs, il a suscité l’intérêt de différents clients. Bérengère et moi avons immédiatement flairé la nécessité de créer la première Maison de Portraits écrits. Nous avons offert le blog à une étudiante en Lettres, et sauté à pieds joints dans l’entrepreneuriat. En 2015, nous n’avions rien, sauf des clients ! En deux mois, nous pouvions déjà compter sur un salaire, et tout s’est enchaîné très vite.

Comment Trafalgar innove-t-elle?

Marion Derouvroy: « L’on pourrait en pleurer, ou l’on pourrait en rire, au vingt-et-unième siècle, il faut encore écrire ! » précise notre Manifeste. Créer une startup littéraire, c’est déjà innover ! Faites l’expérience de taper dans une barre de recherche « startup écriture », vous ne trouverez que des articles sur l’orthographe du mot startup… Au-delà du secteur, la Maison Trafalgar se consacre exclusivement à cette niche du Portrait écrit.

Notre positionnement « Écriture Haute Couture » est novateur, plus encore sur un marché de la rédaction qui manque parfois de crédibilité. Les entreprises sont capables de délivrer un budget pour de la vidéo, un site internet, mais pour l’écrit… Elles cherchent le plus souvent à combler le Lorem Ipsum ou la rubrique « qui sommes-nous ? », quitte à demander à un proche de s’improviser plume. Nous avons non seulement réinventé un métier, mais aussi construit entièrement un produit, décliné en offres : Portrait individuel, Portrait croisé d’associés, Portrait iconique de marque, Portrait de lieu, Portrait cadeau, galerie de Portraits de collaborateurs.

Nous avons développé une marque forte, déployé une méthode qui nous est propre, affirmé notre travail comme un savoir-faire artisanal de luxe. Nous avons fait le choix d’internaliser tous nos Portraitistes pour développer l’employabilité et participer à la sécurisation des talents littéraires (qui ne sont pas tous freelance par choix, contrairement à ce que l’on croit !) Leur assurer un souffle, une forme de tranquillité d’esprit pour écrire et créer. Chez nous, il n’est pas question de contenu, mais de signature. Pas question de référencement, mais de référence, pas question de fioriture, mais d’élégance. « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface » écrivait Victor Hugo. Il me semble urgent de penser la forme en fonction du fond, et d’arrêter de remplir le fond avec ce que la forme autorise.

Comment la pandémie COVID-19 a-t-elle affecté Trafalgar et comment gérez-vous cette crise?

Marion Derouvroy: Le confinement a décalé notre installation dans notre nouvelle Maison de Portraits et eu quelques impacts sur les travaux que nous avons finalement gérés nous-mêmes, avec quelques amis, et des membres de notre famille. Mais au-delà de notre impatience, ce changement d’agenda s’est révélé insignifiant. Nous avons pu ouvrir nos portes quelques semaines plus tard aux nombreux collaborateurs d’un de nos clients. Ce dernier a eu à cœur de leur offrir l’expérience Trafalgar, et malgré les distances de sécurité, nous avons été soulagés de réaliser qu’une vraie proximité émotionnelle pouvait encore s’établir. Pendant le confinement, notre production a forcément été impactée, puisqu’il était difficile d’envisager de remplacer la rencontre et l’expérience de l’entretien d’extraction, par un écran d’ordinateur. En revanche, les membres de notre équipe n’ont jamais été aussi solidaires et attentifs à nos propres craintes. Nous travaillons certains jours avec moins d’élan, ou plus d’appréhension, mais nous veillons à ne pas être trop durs avec nous-mêmes. Il est normal, et même sain d’avoir perdu un peu de jus, d’accepter que la vision soit un peu plus floue. De ne pas vouloir absolument tout rebâtir, prévoir, anticiper.

Le confinement nous a quand même montré que le meilleur planneur stratégique n’aurait pas pu nous préparer à ce qui allait arriver. Laissons-nous un peu tranquilles, ne nous laissons pas polluer par les sirènes de l’entrepreneur parfaitement organisé, toujours en phase, prêt à affronter un avenir qu’il a déjà deviné, avec une équipe remontée à bloc. Gérer au jour, au mois, à la semaine ne signifie pas manquer de vision : la crise réclame de composer, alors composons. Chez Trafalgar, nous avons revu de nombreux sujets de fond, mis en place des offres post-COVID pour aider certain(e)s dirigeant(e)s, accompagné nos clients dans des prises de parole particulièrement touchantes et engageantes. Nous poursuivons les axes stratégiques de la fin 2020, et échangeons beaucoup avec nos ami(e)s entrepreneur(e)s pour élargir notre prisme et nourrir notre regard sur la situation.

Avez-vous dû faire des choix difficiles et quelles sont les leçons apprises?

Marion Derouvroy: Arrêter « Lettres Capitales », le projet littéraire et solidaire que nous avons monté pendant le confinement et qui réunissait tout ce que nous défendons : la nécessité d’écrire, le pouvoir des mots, le talent caché qui se révèle sur papier, le droit à l’expression des sentiments – quels qu’ils soient. Il suffisait de déposer une lettre, tapée au clavier, sur le site que nous avions mis sur pied en deux jours ; nous nous engagions dès la fin du confinement à transmettre cette lettre au destinataire, en version papier et manuscrite. C’était vraiment quelque chose de lire, d’écrire à la main toutes ces pensées confinées et de se laisser traverser par les mots d’un autre, pour un autre.

Quand il a fallu reprendre notre quotidien, j’ai eu un peu de mal à tourner la page de cet engagement, même si j’avais des cloques sur chaque doigt ! Autrement, pour être prudentes, nous avons reporté des investissements que nous avions hâte d’engager, mais je ne crois pas que nous pouvons considérer ce report comme un choix difficile. Peut-être celui d’accepter de travailler plus en termes de volume, mais de gagner un peu moins pour se montrer arrangeants et solidaires avec nos nouveaux clients. Mais encore une fois, ce choix est mesuré, discuté, conscientisé. Je crois qu’il est important de maintenir l’activité, en travaillant à ce que le talent qui se trouve dans les mains de nos Portraitistes ne soit pas ankylosé.

Comment gérez-vous le stress et l’anxiété pendant cette période et comment vous projetez-vous, vous et Trafalgar dans le futur?

Marion Derouvroy: Toujours de la même manière, mais avec un sentiment d’utilité encore plus renforcé. Notre mission n’est pas seulement d’écrire, et cette conviction est de plus en plus forte. Pour le reste, notre Maison tire son nom d’une des plus grandes défaites françaises, disons que chez Trafalgar, nous avons une certaine aptitude à ne pas rester dans le creux de la vague. Je préfère penser que tout va s’arranger.

Qui sont vos concurrents et comment comptez-vous tirer votre épingle du jeu ?

Marion Derouvroy: Joker. J’ai du mal à envisager que pour tirer son épingle du jeu, il faille forcément envisager de piquer la concurrence. Comme on dit, je préfère avoir un petit bout d’un délicieux gâteau qu’un gros bout de gâteau, une grosse part d’un marché que personne ne veut partager.

Il n’y a pas d’autre Maison d’écriture spécialisée dans le Portrait, donc notre concurrence n’est pas si directe, et nous avons toujours travaillé notre différentiel (sur le plan textuel, commercial, marketing, RH) de façon naturelle, jamais en comparaison. Mais par extension, tous ceux qui tiennent la plume, et qui en font leur métier, sont des concurrents indirects, qu’ils soient rédacteurs freelance, storytellers, pigistes, concepteurs-rédacteurs, écrivains publics, biographes… Sauf que le marché de l’écriture est tellement atomisé, que je préfère voir la concurrence monter, tout en continuant de livrer des Portraits ciselés, qui ne ressemblent à aucun autre.

Un mot de la fin ?

Marion Derouvroy: Je souhaite que la crise ne creuse pas de nouvelles rivalités dans le monde de l’entreprise : les champions de la crise contre les entreprises qui n’ont pas survécu, celles qui ont gâté contre celles qui ont déçu leurs équipes, le top classement de ceux qui n’ont peur de rien contre ceux qui pleurent… Soyons plus solidaires entre entrepreneurs !

Liens utiles

Site internet : www.leportrait-trafalgar.com

Retour d’expérience de certains clients : https://leportrait-trafalgar.com/vestibule/

Christian, Maison Janier  : https://www.youtube.com/watch?v=7NKnIYrPNbs

 

 Crédit photographie : Romain Chambodut 

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